Sursaut BnF

Blog des élus de la liste FSU et non-syndiqués au Conseil scientifique de la BnF

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Externaliser le catalogage : une source d’économie ?

On peut lire à la page 20 du rapport de l’Inspection générale des finances (n° 2008-M-065-02) relatif à la BnF (disponible pour les agents de la BnF à l’adresse suivante http://biblionautes/site/univers/univers1/rubrique1/mission_igf_2009.htm) :

« Tout d’abord, la bibliothèque doit envisager l’externalisation de tout ou partie de fonctions pouvant être effectuées à moindre coût par un prestataire extérieur. A cet égard, trois activités sont suggérées par la mission : la reproduction, activité essentiellement commerciale mais structurellement déficitaire, le catalogage des ouvrages étrangers et le courrier. »

L’externalisation du courrier est actée, celle de la Reproduction est manifestement en cours. Il reste à la direction à s’attaquer à l’externalisation du catalogage des acquisitions étrangères assuré par plusieurs centaines de collègues. Un groupe de travail a été mis en place par la Direction des collections qui réunit des membres de l’encadrement. Pour le moment, il travaille dans la plus grande discrétion…

Loin de constituer une source d’économie, la privatisation du catalogage des collections étrangères constituerait un recul sans précédent des missions de service public de l’établissement.

Prétendre remplacer les catalogueurs par des entreprises privées :

– C’est rabaisser le catalogage à une simple opération technique

– C’est nier l’expertise de ceux qui travaillent quotidiennement à la constitution, au traitement, à la conservation, à la diffusion et à la valorisation des collections.

– C’est nier que ce savoir-faire participe de la qualité du service rendu à l’usager et de la reconnaissance de la BnF.

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L’externalisation des acquisitions : une fiction ?

Pas sûr !

La direction de l’établissement a commandé une enquête prospective en 2008 à un groupe d’élèves de l’Enssib.

Le document est visible sur la base de production Lotus Notes (BnF-ADM-2009-004263-01).

Ce qui est étudié c’est une possible externalisation des acquisitions par le biais d’offices confiés à des fournisseurs.

N’est-ce pas nier les compétences des collègues chargés de collections ? Leurs techniques développées de veille éditoriale, leurs connaissances du champs éditorial de leurs disciplines respectives ?

Et puis, quel intérêt ? N’est-ce pas le coeur de métier ? Ce que nous savons faire, et plutôt bien, depuis la préhistoire de la bibliothéconomie ? Et puis aujourd’hui, avec Internet, énormément d’outils nous permettent de ratisser correctement et en toute conscience la production éditoriale de différents pays. Ne sommes-nous pas abonnés à de nombreuses newsletters de maisons d’éditions, de groupes de chercheurs, d’institutions comptant dans nos domaines pour ne pas être au courant en temps et en heure des parutions incontournables dans nos domaines ? Ne dépouillons nous pas les recensions de différentes ressources nous permettant d’être en phase avec l’actualité universitaire et éditoriale ? N’avons nous pas suffisamment de contacts avec nos chercheurs et leurs centres de recherche par le biais de réseaux patiemment et consciencieusement construits ? Ne discutons nous pas avec nos lecteurs, en Haut-de-jardin et en Rez-de-jardin, pour savoir ce qu’ils attendent et aimeraient trouver dans nos magasins et rayons ?

Et puis, est-ce bien raisonnable à l’heure où bien des bibliothèques ont décidé de résilier leurs offices conclus avec des libraires car ils occasionnent un coût de gestion bien trop lourd et des complications sans fin pour le personnel qui ne peut plus construire de politique documentaire cohérente ?

Quelle curieuse idée !

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