Sursaut BnF

Blog des élus de la liste FSU et non-syndiqués au Conseil scientifique de la BnF

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Inquiétudes des élus du personnel sur l’avenir des langues orientales à la BnF

Les représentants du personnel siégeant au Conseil scientifique de la BnF avaient obtenu d’inscrire cette question de l’avenir des langues orientales à la BnF à l’ordre du jour de la séance du 5 mars 2013, à l’occasion du rattachement annoncé  du Service des langues orientales (SLO) au Service des littératures étrangères (SLE).

Lire ici la déclaration des élus du personnel suite à la présentation officielle du directeur du Département Littérature et art, auquel appartiennent ces deux services.

 

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Déclaration intersyndicale des représentants du personnel au Conseil scientifique du 5 mars 2013 concernant les deux accords de numérisation signés le 15 janvier 2013

Dès l’annonce du financement de la numérisation du patrimoine par le Grand Emprunt en 2009 et la création de la filiale BnF-Partenariats, nous avions émis d’importantes réserves sur la possibilité d’accords de numérisation avec des partenaires privés, soulignant d’emblée les risques de confiscation du patrimoine public qu’ils pouvaient comporter. Ces craintes se sont vues gravement confirmées par la signature, le 15 janvier dernier, de deux accords de numérisation, l’un avec la société Proquest, l’autre avec Believe Digital Memnon Archiving Services. Nous estimons, en effet, que les restrictions d’accès qu’ils impliquent et l’exclusivité de dix ans concédée à ces entreprises entrent en totale contradiction avec les missions essentielles de notre établissement.  En particulier, le fait que des œuvres appartenant de plein droit au domaine public puissent être revendues, sur des bases commerciales, à d’autres établissements publics, constituent, de notre point de vue, un changement d’orientation fondamental susceptible d’altérer jusqu’à la nature même de la BnF. En tant que grand établissement national et public de la culture, celle-ci a pour premier devoir de garantir à tous un accès égal au patrimoine qu’elle a pour mission de conserver, enrichir et diffuser le plus largement possible sur tout le territoire et même au-delà, sa vocation étant plus que jamais universelle. Tous les documents libres de droits appartenant aux collections de la BnF doivent être directement numérisés dans Gallica, sans détournement possible vers quelque intérêt privé que ce soit, et pouvoir être consultés librement de partout et sans restriction d’aucune sorte !

Les élus du personnel au Conseil scientifique de la BnF (CFDT, CGT, FSU)

« Non à la privatisation du domaine public par la Bibliothèque nationale de France ! » : Les élus de la FSU au Conseil Scientifique et au Conseil d’Administration de la BnF saluent la déclaration du 18 janvier et toutes les initiatives s’opposant aux accords de numérisation signés par la direction

Non à BnF-Partenariats !  Oui à la Culture pour tous !

Dès l’annonce du financement de la numérisation du patrimoine par le grand Emprunt en 2009, nous avons émis, en tant qu’élus du personnel au Conseil scientifique et au Conseil d’administration de la BnF des réserves sur le danger d’accords avec des partenaires privés pour le devenir de la numérisation à la bibliothèque,  notamment sur les risques de confiscation du patrimoine public. Les débats ont été vifs entre la direction de la BnF et les autres membres du Conseil scientifique, les élus du personnel en tête – mais aussi certains universitaires dont Roger Chartier, président du Conseil scientifique –  refusant de voir aliénées des missions de service public à des intérêts privés qui ne sont pas ceux de nos usagers.

Cf les compte-rendus du Conseil scientifiques publiés sur ce blog 

Cf en interne pour le personnel les compte-rendus officiels du Conseil scientifique publiés sur l’Intranet BnF : Biblionautes > Biblionef > Comités –Conseils (Comptes rendus 2012   + Archives des comptes rendus 1999 – 2011)

Ces craintes se sont vues confirmées par la signature le 15 janvier de deux accords de numérisation, l’un avec la société Proquest, l’autre avec Believe Digital Memnon Archiving Services. Ces accords posent notamment problème par les multiples restrictions d’accès qu’ils impliquent, Proquest, pour ne citer qu’elle, se réservant dix ans d’exclusivité sur 95% des fichiers ! Ces œuvres numérisées du domaine public connaîtront ainsi le triste sort d’être désormais encapsulées dans des bases commerciales et, mercantilisme oblige, revendues à prix d’or à d’autres bibliothèques publiques  (bibliothèques universitaires notamment) !

Nous saluons aujourd’hui toutes les initiatives s’élevant contre cette aliénation du patrimoine public qui marque un pas de plus vers la privatisation de la BnF, institution culturelle majeure qui ne saurait appartenir qu’à la collectivité.  Une déclaration commune a été publiée le 18 janvier par La Quadrature du Net, SavoirsCom1, Creative Commons France, L’Open Knowledge Foundation France et Communia pour s’opposer aux partenariats de numérisation ratifiés par la Bibliothèque nationale de France et hélas aussitôt validés par le Ministère de la Culture le 15 janvier. L’Association des Bibliothécaires de France (ABF), qui regroupe 3 000 professionnels, a elle aussi d’ores et déjà pris clairement position dans un communiqué daté du 21 janvier. Même opposition pour l’Interassociation Archives Bibliothèques Documentation (IABD) qui a publié le même jour un communiqué intitulé le Domaine public : Le grand emprunt jusqu’à l’absurde.

A lire de toute urgence pour comprendre les enjeux de ces accords : le billet du 19 janvier de Lionel Maurel (auteur du blog S.I.Lex, au croisement du droit et des sciences de l’information).

Dans un courrier envoyé à Aurélie Filippetti, Ministre de la Culture, en septembre 2012 et resté sans réponse, (relance en octobre 2012) la FSU dénonçait la mise en place de la filiale « BnF – Partenariats » :  « En décidant la mise en place de la filiale « BnF – Partenariats », la direction de l’établissement franchit un nouveau stade en conditionnant la numérisation de masse à l’intérêt de groupes privés, lesquels se verront chargés de la numérisation de corpus de documents définis par l’établissement ainsi que de l’exploitation commerciale, avec exclusivité, des fichiers numériques ainsi produits. »

Le Ministère de la Culture, qui, en dépit des recommandations du rapport Lescure, vient  de franchir un nouveau pas dans une politique de « dé-mission » publique et de capitulation face aux intérêts hégémoniques de grands éditeurs pourra-t-il rester sourd face à la montée des protestations citoyennes défendant l’accès à la « culture pour tous » ? Le temps est venu de nous faire entendre !

Les élus au CS et au CA de la BnF : B. Hamon , G. Gottlieb, V. Boulet, J-F. Besançon …

 

Cachez ce sac que je ne saurais voir

Le programme énoncé par la direction de la BnF de réductions des collections a démarré à bon rythme dans les services ! Chacun sa mission : aux acquéreurs de prélever les ouvrages à supprimer, aux catalogueurs de supprimer informatiquement les exemplaires défunts.  Désacquérir et décataloguer, voilà deux nouveaux mots à ajouter dans l’excellent Dictionnaire du Diable des Bibliothèques !

Terrible chantier de démolition des collections !

Et comme la bibliothèque n’ a plus les moyens d’acquérir des sacs opaques destinés à ces ouvrages pilonnés, consigne a été donnée aux fossoyeurs malgré eux de recouvrir d’un vulgaire sac poubelle noir les pauvres sacs transparents qui ont été achetés faute de mieux…

Réforme du Haut-de-jardin et traduction programmée en salle J : 21 000 ouvrages en moins pour nos lecteurs

12 janvier 2012 : une grande réunion organisée par la direction du département Philosophie, histoire, sciences de l’homme annonçait aux catalogueurs que le grand chantier de réduction des collections programmé par la « Réforme du Haut-de-jardin » était imminent.  Début des opérations programmé : février 2012.

Un exemple de chiffres : 21 000 ouvrages à supprimer des rayonnages sur les 71 000 présents en salle J (Histoire, philosophie, religion, éducation, sociologie, géographie, ethnologie, éducation) d’ici à 2013. Rappelons que plus de 2200 ouvrages ont déjà été retirés des étagères de cette même salle en 2011, ce qui laisse déjà bien des vides (cf. article précédent)

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