Sursaut BnF

Blog des élus de la liste FSU et non-syndiqués au Conseil scientifique de la BnF

« Proposition pour une rénovation de la politique documentaire de la BnF en Sciences et techniques » : un rapport contesté au Conseil scientifique

Le Conseil scientifique du 7 juin a discuté du rapport du directeur du département Sciences et techniques, Proposition pour une rénovation de la politique documentaire de la BnF en Sciences et techniques : vers une bibliothèque patrimoniale et numérique au service des communautés nationales de recherche diffusé au sein de l’établissement le 23 mai.

 

Grands axes du rapport : 

         « dématérialisation massive des collections documentaires »

         Budget d’abonnements périodiques divisé par 2

         Allégement de certains secteurs disciplinaires 

         Acquisitions de livres numériques par les utilisateurs eux-mêmes

         Acquisitions de catalogues complets d’éditeurs

Roger Chartier, président du Conseil scientifique, a observé deux réserves dans son propos liminaire : l’étude présentée ne s’était pas appuyée sur une enquête auprès des lecteurs (enseignants et étudiants notamment), de surcroît elle ne posait pas la question des pratiques des chercheurs en sciences.

La représentation du personnel, qui s’est vue refuser le droit de nommer des experts comme il est de coutume dans les autres instances, est intervenue en deux points :

  • Sur la forme :

1. Elle a rappelé de manière préalable qu’elle n’était pas opposée au numérique, bien au contraire, et qu’elle considérait qu’il devait être intégré à une politique documentaire en fonction de la pertinence de son usage, la numérisation et la documentation électronique n’ayant de sens qu’en s’inscrivant dans la démocratisation du savoir et dans la défense d’un accès libre à la culture.

2. Elle a souligné les nombreuses lacunes méthodologiques de ce rapport :

Il n’est pas articulé avec d’autres réflexions en cours dans l’établissement :

  • travaux sur la charte documentaire,
  • « Réforme du Haut-de-Jardin »,
  • travail des chargés de collection du département Sciences et techniques sur le périmètre documentaire des périodiques, etc.

Elle a souligné avec force que le Rapport sur la documentation électronique à la BnF rédigé par les services de M. Bruckmann n’y soit pas même cité. A ce titre, elle s’est étonnée qu’il n’ait pas été porté à la connaissance du CS.

3. Elle a fait remarquer que ce rapport ne s’appuyait sur aucun bilan des pratiques en cours au sein du département Sciences et techniques et que les remarques émises par les personnels de ce département n’avaient pas été prises en compte.

4. Sur une échelle plus large, ce rapport ne parvient pas à articuler les missions propres à la BnF avec les évolutions en cours dans les bibliothèques françaises. Il en découle une difficulté à intégrer les orientations proposées dans le paysage documentaire.

5. Rejoignant la critique de M. Roger Chartier, la représentation du personnel a souligné que les usagers n’avaient pas été consultés.

  • Sur le fond :

Ce texte propose deux changements fondamentaux :

1. la notion de service prend le pas sur la notion de collection, ce qui a comme conséquence la primauté de l’accès sur la pérennité des collections.

2. l’offre commerciale prend le pas sur la politique documentaire. Il découle de ces renversements un certain nombre de déséquilibres :

  • le Haut-de-jardin est oublié car l’offre commerciale numérique (bouquets de livres numériques de Springer et d’Elsevier par exemple) est une offre de haut niveau académique ;
  • les périodiques sont oubliés ce qui est surprenant car en sciences ils sont prépondérants dans la valorisation et l’évaluation de la recherche. Il est cependant proposé, page 6, de« réduire le portefeuille de périodiques vivants pour servir des publics différents ».
  • des communautés de chercheurs indéfinies prennent le pas sur le public ;
  • déséquilibre disciplinaire au sein des sciences (abandon des disciplines « non-rentables »).

La représentation du personnel a conclu que ce texte avait une forte portée politique dépassant le seul cadre du département Sciences et techniques que résume bien une phrase de la page 4 « il s’agit de faire le choix volontaire, déterminant et irréversible d’une dématérialisation massive des collections ».

Le débat qui a suivi a été de très bonne qualité et d’un haut niveau scientifique, chacun ayant pu échanger sur le fond de la question. Le Conseil scientifique a décidé de poursuivre la réflexion ouverte par ce document, M. Denis Bruckmann se proposant dans un premier temps de l’amender en fonction des remarques émises en cours de séance relativement à ces faiblesses méthodologiques.

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